Archives mensuelles : janvier 2018

BILLET [5] J’AI FOIRÉ MA RELATION AVEC LE SMARTPHONE

— Bonjour.
— Bonjour.
— Vous avez la carte du magasin ?
— Non.
— Est-ce que vous souhaitez en créer une ?
— Non.
Sous le son des bips et la courtoisie étant de la partie, nous nous échangeons un sourire.
— Ça vous fera dix-sept euros et trente centimes s’il-vous-plaît.
Elle doit avoir quarante piges et me vouvoie. Je termine de ranger mes courses puis sors la carte bancaire du portefeuille. Continuer la lecture

BILLET [4] J’AI FOIRÉ LE MOMENT OÙ IL FALLAIT COMPOSTER

            Aujourd’hui, avant d’aller commander un café, je me baladais au milieu des rues messines et pavées. J’y ai vu un sdf et une factrice. Le premier a posé sa bière puis a demandé à la seconde si elle avait du courrier pour lui. J’ai souri. Dans le Siné Mensuel de janvier,  Micaël publie un croquis où une vieille bourgeoise, peut-être septuagénaire, adresse la parole à un clodo pour lui dire qu’il est assis sur le mètre carré le plus cher d’Europe. Continuer la lecture

BILLET [3] J’AI FOIRÉ AVEC LES CHAMPS ELYSÉES

L’autre jour, et alors que je partageais un café avec mon père, on se demandait qui pourrait de nouveau noircir les Champs-Elysées comme Johnny venait de le faire. J’ai commencé par Zizou. D’un revers, mon père m’a dit que ce n’était pas vraiment un chic type et que si les gens se mettaient à lire, ils l’apprendraient assez vite. J’ai fait hocher ma tête de haut en bas puis ai délicatement poussé du pied mon sachet de course où se cachaient mes pots de yaourt Danone. Qui d’autre pourrait alors prétendre aux Champs ? Papa ne savait pas. Moi non plus. Continuer la lecture

BILLET [2] J’AI FOIRÉ MA DISCUSSION DE COMPTOIR

Autour de la table, au coin de comptoir, ça discute.
Ça parle de Deneuve. Mais tu sais que la Catherine dans « Bonne Pomme » (de Florence Quentin, scénariste de La vie est un long fleuve tranquille), film  où elle répond aux paroles qu’on souffle toutes les dix secondes à Depardieu (dans le générique, il y a un nom et un prénom à côté de « répétitrice G.Depardieu »), elle joue vraiment pas mal (je vous rassure, le film est nul). D’ailleurs, attend-on autre chose d’une actrice ? Sur les ondes de certains médias, on crie à « l’antiféminisme » sous prétexte que la vieille distingue les « gros porcs » des autres, qu’elle ouvre la porte au fait que l’homme est parfois entre les deux, qu’il peut être un dragueur bien lourd, un bonhomme qui use mal des mots ou qui contrairement en use trop, voire en couche un vulgaire et malvenu à l’intérieur d’un texto. Continuer la lecture