Expression

À côté de moi, qu’est-ce que je fous là ? Un parfum de foulard, une vague idée de toi, une virgule à laquelle on voudrait ajouter quelques lignes juste parce que la ponctuation nous fait chier. Les faux mystères ont en répondant qu’ils emmerdent. Tu n’es peut-être qu’un point, une histoire à laquelle on s’attache alors qu’on sait que le début précède d’un tout petit rien la fin. Ou, peut-être, tout le contraire, un paragraphe qui se multiplie en d’autres et qui façonnent une histoire. Un récit qu’on aime lire en laissant les pages se tourner parce qu’on a envie d’une suite.
Tu te souviens ? L’imagination fait qu’on entretient un truc factice, un goût d’’illusion, une bouffée d’auto-persuasion. Et, très vite, l’on s’aperçoit que non, de diverses façons, les idées n’ont même pas le courage de se mélanger, s’entremêler ou même se confronter. Le pacifisme en patrie, j’ai juste en vœu que tu prennes les armes, pour tenter le combat. Une idée, c’est se battre, prends moi cette putain d’arme. S’il faut, devant moi, pose-la. Que la bataille se nomme Verdun ou Alesia, peu importe qui l’emporte, perdre est un outil pour donner au mot gagner à peine plus de légitimité.
Tu te souviens ? Lâcheté, images floutées. Bouteille messagère, océan à la vague précaire. Rapidement, je me perds, mens, fais écran d’espérances. Sans savoir où mon ancre se plante, je me mords l’intérieur des lèvres, me dis que c’était bien, que j’aurais pu saisir les cordes descendant en rappel. La pensée sécuritaire, la sûreté qui semble t’apeurer, ose te risquer. J’accepte de chuter d’une falaise, pas d’une vallée au nom de malaise.
Puis la parole, tu te souviens ? Loin d’être ton point fort, tes mots cachés, jamais utilisés.
La peur du oui, le silence en réponse, l’éloge de l’absurde parce qu’il rassure. Le oui qui effraye au point de ne rien dire. Silence. Et pointent des mirages à l’horizon. Si tu joues avec les décisions, moi non.
S’enfuir, mentir. Se taire, se soumettre. Ignorer, se voiler. Expliquer, converser. Un peu partout rouillent des pièges à loup, des pièges qui stoppent une course, des crans qui déchirent les chevilles, qui font que l’on vacille. Les éviter, ralentir, résister, essayer. Au bout, vaguement, les aiguilles tournent. Je veux bien abandonner cette course, marcher pour mieux situer où je pose mes semelles usées, t’écouter pour mieux avancer. Mais parle, signale le premier virage, ne fais pas du silence ton arme. Arme risible, dépassée, au charme sans audace.
Tu te rappelles ? Un souvenir, un écho, le retour d’un cri porté bien haut.
Il y a les routes rapides, aucun son, aucune décision, on les paye car tout presse.  Il y a les routes plus fébriles, plus tactiles, plus à même de se faire mélanger les bruits. Il y a les chemins pavés de oui et de non, ceux qui riment avec décisions. Il y a les chemins à tracer, les dispendieux, ceux-là sont sûrement les plus réussis mais ils ne sont jamais silencieux.
Tu te souviens ? Une main dans une autre, sans penser à autre chose. Ta tête pourrait hocher, ça me plairait. Elle pourrait se balancer d’ouest en est puis faire le geste contraire, refuser n’a rien de mauvais. Tu pourrais hisser et faire flotter un pauvre drapeau pour me faire monter là-haut, les vents le feraient quelques fois se mouvoir, je m’en foutrais, j’ignorerais, ça m’emmerderait, j’oublierais.
Je pourrais insister. Le joli, l’intrigant, ton cul m’attireraient mais pas le muet.

 

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