Toi, Charlie et moi.

Toi le lâche,  l’ignoble, celui qui a fait d’une religion ce qu’elle n’est pas, toi qui cagoulé tires sur des personnes seulement couvertes de Unes, toi qui endoctriné, armé de kamalgamechnikovs, a tué du génie, toi, l’anonyme en quête d’une patrie, toi, ton nom rimera avec l’oubli.
Toi qui crois que l’histoire ne retiendra que le son de ton arme, détrompe-toi, le seul souvenir qu’elle gardera n’est autre que l’impact inverse que ton acte aura. Toi qui ne défends des idées qui n’ont pas même une once d’humanité, toi qui ne sais que protester armé, toi, tu apprendras derrière les barreaux dans un livre d’histoire que seuls les fusillés restent gravés dans le marbre à jamais.
Toi qui as voulu punir le génie, le peuple français en se rassemblant t’a montré qu’il n’est pas dans le déni et qu’il est uni. Toi le martyre d’un fondamentaliste pour groupies, tu ne resteras pas impuni.
Toi qui tues un homme déjà à terre, toi qui crois que c’est comme cela que tu feras un heureux dans le ciel, toi, tu saisiras un jour qu’un coup de crayon fera toujours plus de tâches que celles que tu as laissées sur les pages d’un journal.
Toi l’idiot qui a pensé que réussir rimait avec faire mourir, c’est en colère que je m’adresse à toi, l’homme sans patrie. Si là-haut quelqu’un t’accueille, alors pense bien que c’est d’un enfer libraire que tu vas devoir faire ton logis.
Toi l’incapable, toi le misérable, permets-moi d’oublier qui tu es et de faire de mes artistes préférés mon goût de liberté.
Toi qui as voulu impressionner, te montrer en justicier, toi, attends-toi à ce que les seules impressions que tu laisseras seront celles qui feront de toi l’idiot du village, celui qui muni d’un bonnet d’âne pourra se faire lire des pages satiriques d’un journal qui ne mourra pas. Un journal qui fera de toi une chose illusoire.
Toi qui donnes des nausées au pays, sache que c’est uni qu’il te vomit. Toi l’indigeste personnage, nous avons bien compris le message. Pour toi, la presse continuera de ne pas être sage. Rien que pour leur rendre hommage.
Toi que je tutoie même si tu es au nombre de trois, car il n’y a que les grandes personnes que l’on vouvoie. Messieurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et Oncle Bernard, je vous remercie mais ce n’est qu’un au-revoir. Crayonnez et planchez sans relâche car beaucoup espèrent qu’il y aura de la lecture lorsque notre tour de vous rejoindre viendra.
Toi qui n’es rien, sinon un assassin qui passe pour un crétin, je t’écris et je signe. Je suis Charlie.
Je suis Charlie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *